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Chapelle Saint-Libert en cours de diagnostic. Vue de l'ouest
Chapelle Saint-Libert en cours de diagnostic. Vue de l'ouest
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Diaporama de 6 photos
  • Diagnostic archéologique à la chapelle Saint-Libert
Située sur les quais de la Loire à Tours, la chapelle Saint-Libert est un édifice religieux construit au 12e siècle. Désormais propriété de la Société Archéologique de Touraine, elle a fait l'objet d'un diagnostic archéologique du 28 novembre au 16 décembre 2011.
Achetée par la SAT en 2011 et destinée à être le futur siège social de l'association, la chapelle va subir d'importants travaux de restauration. Inscrite aux Monuments Historiques en 1946, son histoire est peu précise. La toute première mention écrite pourrait dater de 919, mais lors du diagnostic archéologique aucune fondation d'une chapelle aussi ancienne n'a été retrouvée.
La chapelle actuelle, construite près de la Loire sur une partie du rempart gallo-romain de la cité de Tours, date du 12e siècle. D'après les sources écrites, elle a eu deux fonctions bien différentes : dans un premier temps elle a servi d'édifice de culte pour des seigneurs privés ou des religieux, puis, à partir du 18e siècle, elle a servi pour diverses activités artisanales.
Il reste peu de vestiges de la fonction religieuse et notamment funéraire de la chapelle. Seulement six sépultures ont été retrouvées lors du diagnostic et leur faible nombre ne permettra pas de connaître la population inhumée ici. Les autres ont sans doute été « récupérées » pour être réinhumées ailleurs, lorsque la chapelle a perdu sa vocation religieuse.
A l'intérieur de la chapelle, on a également retrouvé les vestiges d'un atelier de fonte de cloches daté entre le 12e et le 13e siècle. S'il est assez fréquent de retrouver ces ateliers dans ou aux abords immédiats des églises, celles fondues ici n'ont sans doute jamais été destinées à la chapelle Saint-Libert. En effet, l'étude du bâti laisse à penser qu'aucun clocher n'a jamais été construit et aujourd'hui, rien ne permet de savoir à quel autre édifice religieux elles étaient destinées : pourquoi pas pour la cathédrale Saint-Gatien, de nouveau en chantier à partir de 1170 ?
Au début du 18e siècle, la chapelle change de fonction. Elle est achetée par la famille Chaslon, directeurs de père en fils des poudres et salpêtres de la Généralité de Tours, pour y installer une fabrique de salpêtre. Les murs sont tout d'abord raclés pour récupérer le salpêtre, puis c'est un hangar qui accueille les différentes cuves de mélanges nécessaires à la fabrication du salpêtre.
Après 1853, la chapelle n'a plus servi de salpêtrière, mais a appartenu à un charpentier qui s'en est servi comme entrepôt. De 1875 à 1922, on y a fabriqué des boissons gazeuses, des liqueurs puis des conserves.
Lors du remaniement des quais au 19e siècle, destiné à élargir les axes de circulation, de nombreux remblais ont été apportés et les nouvelles maisons ont été alignées sur les quais. Ces remblais recouvrent largement le sol de la chapelle et son parvis. Ils renferment de nombreux fragments de faïence, signes d'une activité proche que l'on situe hors des remparts antiques de Tours, dans le quartier de Saint-Pierre-des-Corps.
Lors du diagnostic archéologique, deux étapes historiques ont été clairement identifiées avec une fonction religieuse au Moyen-Âge et à partir du 18e siècle, une activité artisanale. Les reconversions successives de la chapelle en ont fait un lieu complexe dont l'histoire s'inscrit dans celle de l'ancien castrum de Tours, l'actuel quartier de la Cathédrale.
Les travaux entrepris pour sa réhabilitation vont permettre de retrouver certains éléments de l'architecture originelle. Le parvis et le porche d'entrée vont être déblayés d'environ 2 mètres, dégageant ainsi l'entrée de la chapelle.


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