Direction de l'Archéologie

Direction de l'Archéologie Conseil général d'Indre et Loire
>> RETOUR   
ACTUALITE
 
Carte topographique de l'oppidum d'Amboise (Indre-et-Loire). Localisation des interventions archéologiques
Carte topographique de l'oppidum d'Amboise (Indre-et-Loire). Localisation des interventions archéologiques
Diaporama de 6 photos
  • Fouilles de la rue du Petit Bonheur sur l'oppidum des Châtelliers à Amboise
L'oppidum des Châtelliers à Amboise (Indre-et-Loire) est la plus grande agglomération gauloise du territoire des Turons. Plusieurs dizaines de fouilles archéologiques ont été réalisées sur place depuis les années 1950. Le chantier réalisé à l'automne 2015 est le plus grand jamais réalisé sur l'oppidum, ouvrant une surface de 2000 m². Près de 200 indices ont été identifiés à cette occasion, dont une douzaine de puits. Cette opération a été menée conjointement par le service de l'archéologie du Département de l'Indre-et-Loire (Sadil) et l'Inrap.
Un secteur encore méconnu de l'agglomération
Plus d'une dizaine d'interventions archéologiques ont été effectuées dans la rue du Petit Bonheur depuis les années 1960. Il s'agissait essentiellement de diagnostics et de surveillances, qui aujourd'hui ne permettent pas de comprendre la structuration des vestiges. Le chantier réalisé à l'occasion de la construction de deux logements individuels nous offre aujourd'hui une vision assez large de ce secteur de la ville. Les études spécialisées qui vont débuter prochainement permettront de mieux caractériser le passage de la ville gauloise à l'agglomération gallo-romaine.

L'occupation gauloise
Les vestiges gaulois sont nombreux et principalement localisés au sud de la parcelle. Aucun niveau de sol ancien n'ayant été conservé ; il s'agit pour l'essentiel de structures en creux : fosses, fossés, puits, trous de poteaux de construction. Les vestiges de cette période permettent d'identifier plusieurs bâtiments (constructions sur poteaux porteurs). L'un d'eux pourrait correspondre à un atelier de forge. On notera également la présence de plusieurs puits peu profonds. Ils permettaient a priori de capter de l'eau par ruissellement. Deux grandes caves ont également été mises au jour. Des empreintes de poteaux sur les parois permettent de déterminer qu'elles étaient boisées (étayée ?). Une autre trace nous évoque la possibilité d'un accès par une échelle perroquet. Les vestiges mobilier sont très abondants, et renvoient principalement à des activités domestiques et ou artisanales.
On notera la découverte d'un objet remarquable, mis au jour au fond de l'un des puits gaulois. Il s'agit d'une statuette en calcaire, qui représente un personnage assis en tailleur portant un torque à tampons autour du cou et un second (torsadé) dans la main droite. Elle s'inscrit dans un groupe restreint, qui, bien que typique du Centre de la France, n'est connu qu'a quelques exemplaires, essentiellement gallo-romains. Cet objet a été réalisé dans un tuffeau local de mauvaise qualité, ce qui garantit qu'il s'agit d'une production locale. Il a été découvert en deux morceaux : tête et corps séparés, face contre terre, à 2, 40 m de profondeur sous un important amas de faune (bucrane, bois de cerf) et d'amphore. C'est la deuxième statuette de cette représentation sur l'oppidum des Châtelliers. Cette statuette est actuellement en cours de restauration et fera ultérieurement l'objet d'une présentation.

Une sépulture inattendue
A l'occasion du décapage de la terre végétale qui recouvrait les vestiges, une sépulture en pleine terre a été identifiée et fouillée. Le squelette, bien conservé, présentait un bracelet en bronze à son poignet gauche. Un poignard en fer, dans son fourreau, avait été déposé sur le côté droit du défunt. Plusieurs indices permettent d'envisager que le mort a été inhumé entre la fin de la période gauloise et le tout début de notre ère. Compte tenu du faible nombre de sépultures recensés pour cette période en territoire turon, la présence de cet individu au sein de l'agglomération, paré tel qu'il est, pose de nombreuses questions sur son statut.

L'occupation gallo-romaine
La nature des vestiges de l'occupation gallo-romaine ne se distingue pas beaucoup de celle des vestiges gaulois. On retrouve en effet la même co présence des activités domestiques et artisanales (tissage, mouture, métallurgie). L'activité de stockage est également présente sous la forme de celliers. En revanche les matériaux et les techniques changent progressivement. Les pierres et les tuiles font leur apparition dans les constructions, et l'usage du mortier de chaux est attesté. Illustration de ces changements, les puits de cette période possèdent désormais un parement en pierre.



Mentions légales