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Vue aérienne des deux sites de fouille
Vue aérienne des deux sites de fouille
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Diaporama de 8 photos
  • Des Gaulois sous le tramway à Tours Nord : premiers résultats des fouilles
Début mai, les archéologues qui avaient pris possession des terrains situés sur les futurs emplacements du Centre de maintenance et du parking-relais du tramway ont cédé la place aux entreprises de BTP qui en assureront la maitrise d'ouvrage.
Le chantier de fouille du tramway à Tours Nord fait suite à la découverte de vestiges gaulois et antiques à l'extrémité nord du tracé de la première ligne de tramway de l'agglomération tourangelle repérés lors du diagnostic archéologique mené par le Service de l'archéologie du département de l'Indre-et-Loire (Sadil), au printemps 2010.

Le Sadil et l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont répondu conjointement à l'appel d'offre lancé par Citétram, maître d'ouvrage du projet, pour réaliser cette fouille d'un montant de 800 000 €. Le marché concernait deux sites distincts, espacés d'une centaine de mètres : d'une part le futur centre de maintenance, dont la surface concernée par les vestiges couvre 1,9 ha et d'autre part le futur parking-relais qui représente 2,4 ha. Le chantier a débuté le 10 janvier 2011 et s'est achevé, conformément au souhait de l'aménageur, à la fin du mois d'avril.

Le décapage de la terre végétale qui recouvrait les vestiges (environ 0,50 m d'épaisseur) a mobilisé jusqu'à dix pelles mécaniques de vingt tonnes, travaillant selon la méthode dite du "jet de pelle". Cette méthode, qui consiste à transférer la terre décapée de pelle en pelle jusqu'au lieu de stockage, est la plus appropriée en période hivernale pour traiter de grandes surfaces sans altérer les vestiges situés dessous. A l'issue de cette étape, plus d'un millier d'indices archéologiques a été fouillé par une quinzaine d'archéologues en moyenne. Ils sont les témoins d'installations agricoles datées des périodes gauloises et gallo-romaines, c'est-à-dire entre le deuxième siècle avant notre ère et le deuxième siècle de notre ère. Les vestiges se présentaient sous la forme de creusements dans le sol. Ils étaient les seules traces soit de fossés d'enclos, soit des constructions gauloises, car leurs éléments constitutifs étaient périssables : le bois, la terre et le chaume. Une vingtaine de bâtiments a ainsi été repérée. Il n'en subsistait que les trous réalisés pour implanter les poteaux supportant la charpente. Leur forme et leur disposition en plan permettent parfois d'identifier leur fonction (habitation, grenier, porche…) et de restituer leur élévation.

Les vestiges sont répartis à l'intérieur de nombreux enclos, selon une configuration qui commence à être bien connue pour ce type de sites, mais qui comporte ici quelques spécificités. En effet, la proximité entre les deux sites pose la question de leur relation. La fouille a exclu l'hypothèse que chacun d'eux puisse avoir une fonction spécifique. En effet, les objets découverts dans l'un et l'autre sont similaires. Leur variété, relative à des activités domestiques, agricoles, et dans une moindre mesure artisanales, témoigne par ailleurs de l'autonomie de chacune des occupations. Reste à savoir si ces deux établissements étaient contemporains, ce qui permettrait de qualifier l'ensemble de "hameau", ou bien s'ils se sont succédés dans le temps, ce qui témoignerait d'un déplacement de l'habitat.

A l'issue de la phase de terrain va débuter la phase de « post-fouille », qui comprend plusieurs étapes. Il s'agit d'abord de numériser toutes les données acquises, constituées de centaines de fiches papiers, de photographies et de relevés. Il s'agit également de réaliser une cartographie informatisée de l'ensemble des vestiges afin d'élaborer des plans de synthèse. La post-fouille consistera aussi à faire réaliser par des spécialistes l'étude des différents objets découverts. Ils représentent un volume d'une quarantaine de caisses, qui se répartissent en différentes catégories : céramique, métal, ossements, etc. Ces études ont pour but de définir la nature et l'ampleur des activités menées sur place (métallurgie, tissage, mouture, élevage,…), et la chronologie précise de ces installations. Pour la période gauloise, certains objets permettent d'obtenir des datations précises à vingt-cinq ans près. Pour finir, l'équipe rédigera un rapport de synthèse qui offrira, outre les données brutes, l'interprétation des vestiges.

Lors du chantier, plusieurs événements ont été organisés pour présenter ces vestiges, ainsi que les méthodes de fouilles, au grand public (journées portes ouvertes, visites de scolaires et de groupes).
Une conférence sera donnée le 21 mai prochain au Conseil général de l'Indre-et-Loire, dans le cadre des Journées de l'Archéologie, organisées sous l'égide du Ministère de la Culture et de la Communication, afin de présenter les premiers résultats.




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