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Le chantier de fouilles dans le parc des Logis Royaux de Loches
Le chantier de fouilles dans le parc des Logis Royaux de Loches
Diaporama de 2 photos
  • Premiers bilans de la seconde campagne de fouilles à la Cité Royale
La seconde campagne de fouilles archéologiques à la Cité Royale de Loches vient de s'achever. En 2013, une des découvertes majeures concernait la Chapelle Saint-Louis datée du XIVe siècle, située au pied des Logis Royaux. La poursuite des fouilles sur cet édifice en 2014 n'avaient permis d'en dégager que la partie ouest, avec son portail principal. Grace à la nouvelle campagne de 2015, à l'est de l'emprise explorée l'an passé, le plan de l'édifice est désormais complet. De nouvelles données inédites surviennent, avec notamment la mise au jour d'une tourelle à l'angle nord-ouest de l'édifice, dominant anciennement la ville.
Sous les vestiges de la chapelle, les fondations d'une tour massive datée du XIe siècle ont été mises au jour. Il s'agit certainement de l'une des tours qui jalonnaient la muraille bien avant la construction des Logis et de la chapelle, dont un large pan avait déjà été identifié l'an passé. Par ailleurs, l'existence d'une terrasse située au pied des murailles médiévales a été mise en évidence, bordée par un muret de pierres sèches surmonté d'une palissade de bois, comme l'indiquent les trous de poteaux découverts au sommet du mur. Cette terrasse protégée d'une palissade faisait partie intégrante du système de défense de la forteresse à partir du XIe siècle. La succession des terrasses permettait une circulation au pied des remparts, peut-être pour assurer une communication avec l'espace civil en contrebas – la ville et le fort Saint-Ours. Ce système défensif au nord de la forteresse a fonctionné ainsi jusqu'à la construction des Logis Royaux à la fin du XIVe siècle.

En outre, les fouilles à l'emplacement de la chapelle, ont livré des traces d'occupation encore plus anciennes. De l'époque carolingienne (VIIIe-Xe siècle), des fosses, des silos, des foyers et des trous de poteaux indiquant l'existence de bâtiment en bois, ont été découverts lors des fouilles. Ils renseignent sur la fonction de cet espace de la forteresse à l'époque des premiers comtes d'Anjou, plus à vocation utilitaire que noble. Remontant encore plus loin dans le temps, dans les niveaux les plus anciens surmontant directement le rocher naturel, les archéologues ont découverts des pointes de flèches et des fragments de poignards en silex et des fragments de poterie laissés par des hommes du Néolithique (entre 3000 et 2600 av. J.-C.).

En parallèle des fouilles de la chapelle, le Sadil a mené des opérations d'archéologie préventive sur le site du château. Les archéologues sont ainsi intervenus sur le donjon de Foulques Nerra, au niveau des anciennes réserves et du cellier, à l'occasion de travaux visant à sécuriser cet espace interdit au public depuis peu. Dans ce cadre, deux sondages visant à garantir que les travaux n'auront pas d'impact sur les vestiges archéologiques ont été réalisés. Ils ont permis l'acquisition d'informations nouvelles sur les méthodes de construction de la tour, et la découverte de vestiges tout à fait inédits d'une fortification antérieures, faite de pierres brutes et d'un talus de terre. Elle pourrait appartenir aux fortifications du site à l'époque carolingienne (VIIIe-Xe siècle).

Au fur et à mesure des chantiers de fouilles, la Cité royale de Loches livre peu à peu ses secrets. Depuis 2013, années des premiers sondages, la connaissance des lieux et des occupations successives du site par l'homme progresse à grand pas, et promet d'être encore riche dans les années à venir. Dès l'année prochaine, une nouvelle campagne de fouilles programmées aura lieu dans le parc des logis royaux à l'emplacement d'une ancienne salle du palais des comtes d'Anjou du XIe siècle. Par ailleurs, une partie des remparts de la Cité va prochainement faire l'objet de travaux de dévégétalisation et de restauration. Un suivi archéologique des travaux par les agents du Sadil des travaux est également prévu dans les années à venir.


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